Ce matin, Hassan, le pêcheur, vient nous apporter du poisson, comme il nous l’avais promis hier. « Un cadeau » avait-il dit. Je ne m’attendais pas à la taille du cadeau. Le panier d’Hassan contient un gros mulet, un petit loup, deux palomettes et… une cinquantaine de petites soles ! Il y a là plusieurs kilos de poisson. Je suis confuse, je ne m’attendais pas à un cadeau aussi important. Je suis très touchée et lui offre quelque chose qu’il ne doit pas ouvrir avant la fin du ramadan. Je pense qu’il est content. Hassan a pêché toute la nuit au filet, depuis le bord, et va vendre son poisson à Tan Tan.

A présent, je dois nettoyer tout ce poisson. Je prend une bassine, un sac, un couteau et, accompagnée d’Olivier, je me dirige vers le bord de l’eau. Je commence par les gros poissons, ça je sais faire. Vient le tour des soles. Je n’achète jamais de poisson, ne mange que ce que je pêche et je n’ai jamais pêché de soles. Heureusement, hier, Rahal m’a montré comment nettoyer les soles en coupant la tête, en tirant sur la peau pour l’enlever. Je galère sur les trois premières et me dis que la fin de mes vacances se terminera peut-être avec la dernière sole nettoyée, dans une semaine et demi. Puis, peu à peu, je prends le coup de main. Je suis là, assise dans le sable avec mon pantalon blanc sahraoui, avec du poisson jusqu’au fond des naseau, je dois puer à 100 kilomètres, je colle, j’en mets partout, et arrive finalement au fond du sac, avant la fin de la matinée.

Je vais manger du poisson dans les jours qui viennent, c’est sûr !