guelmimNous avons hésité : partir vers le sud ou pas. Ne pas partir nous obligerait à rentrer dans les terres pour ne pas refaire le même périple. Cette option est à éviter pour ne pas s’exposer à la chaleur. Partir vers le sud nous permettrait peut-être de profiter du désert de bord d’océan et de faire un peu de char avant de reprendre la route du retour. C’est l’option que nous retenons.

Nous avions déjà fait cette route en voiture l’année dernière et on savait à quoi s’attendre : du danger et de beaux paysages.

Nous reprenons la piste depuis le camping de Fort Bou Jerif, le plus beau que nous ayons vu depuis le début de notre séjour, et nous traversons Guelmin pour prendre la route du grand sud, direction Tan Tan.

tn_DSCF6836En camping-car, nous trouvons la route étroite. Le problème, c’est que la circulation se fait comme sur toutes les autres routes : tout le monde double n’importe où, n’importe quoi avec ou sans visibilité. Sauf que, sur cette route, on ne passe pas à quatre, on ne passe sûrement pas à trois, et si on passe à deux, parfois, ça tient du miracle. Nous évitons de peu une voiture qui arrive en face, ouf ! Première frayeur mais sûrement pas la dernière : je demande à l’accoudoir de se tenir prêt parce que je n’ai pas fini de m’y accrocher.

tn_DSCF6838Nous voyons arriver les premiers chargements de dingues : des camions avec des bottes de paille chargées de manière certainement très bien pensée, mais le résultat est assez effrayant. Je pense au pauvre gars qui conduit cet engin dont la prise au vent est au moins égale à sa prise de risques. J’admire quand même l’artiste qui arrive à élaborer une telle tenue, il a sûrement été inspiré tout droit de Tétris. Le camion s’arrête sur le côté et je respire : au moins, celui-là, nous n’aurons pas à le doubler.

tn_DSCF6840Le second du même type ne tarde pas à se montrer. Il penche tellement que je vois arriver le scénario catastrophe au moment de le doubler, une rafale qui emporte le camion, le camion qui nous tombe dessus, etc… Je dis à Olivier « Lui, tu le doubles pas, tu le laisses où il est, on peut pas passer, on est trop haut, on peut pas doubler. » Je n’ai pas fini ma phrase qu’un camion arrive en face et chacun se serre à droite pour passer, ça passe. J’envoie la situation dramatique par Facebook et Saliha me dit que dans ce cas là, on dit : « Yalla, Inch’Aallah ! ». Alors Yalla, Inch’ Aallah, nous le doublons, le gars se serre au max à droite et nous l’en remercions. Saliha avait raison.

La route vers le sud, c’est beau, ça sent le désert, celui dont on rêve longtemps après être revenu. On commence à voir des dunes, une végétation qui se raréfie, et du « rien » à perte de vue. Le vent souffle le sable au dessus de la route.

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tn_DSCF6846Nous traversons Tan Tan et posons le camping-car pour la nuit à El Ouatia.

Je suis contente d’être là et de savoir où on va.