Au pied du camp du Roi Bédouin s’étend le Sebkhra d’Oum Bda avec son Mont Gara planté au milieu. Il s’agit d’une étendue immense de sable et de sel. Nous avons déjà roulé dessus l’an dernier et renouvelons ce plaisir.

Nous descendons depuis le camp en nous laissant glisser dans nos chars dans la pente, en poussant un peu puis en tirant les engins jusqu’à l’endroit le plus roulant. L’avantage de connaître les lieux, c’est d’éviter les galères.

Le vent est instable, parfois presqu’absent, parfois fort avec de longues rafales. Je choisis une voile de 2 mètres carrés que je déplie un peu plus loin, Olivier ayant décidé de moins marcher. Je le vois sortir une 5 mètres carrés et je me dis qu’il a la folie des grandeurs, il va se faire satelliser. Il lève la voile et ses pieds décollent d’un mètre du sol, le voilà bientôt cosmonaute ! Il me rejoint et me dit être surtoilé. Ah bon ? Non sans blague ? Je me félicite de mon choix de petite joueuse.

Olivier change pour une 3 mètres, choix bien plus raisonnable. Ca roule bien, et mon premier bord est monstrueux. Ca n’en finit plus. Je perds rapidement la notion des distances et, à plusieurs reprises, je cherche Olivier qui n’est jamais là où je pense. J’essaie de rejoindre le Mont Gara, mais je reçois beaucoup de projections de sel en roulant. Nous nous en approchons peu à peu et finissons par retourner sur des endroits plus roulants.

Quel bonheur de rouler là. C’est immense, c’est le désert, c’est le Sahara, et il est tout à nous. Je me demande combien d’êtres vivants se trouvent avec nous sur ce Sebkhra, peut-être 5, peut-être moins, peut-être nous seulement.

Nous avons roulé tranquille, avec une petite pause, parfois lentement, parfois en accélérant, et mon GPS m’annonce seulement 40 km en un peu moins de 4h. Mais quel plaisir !

Le camp paraît tout petit et pourtant, en coupant par l’herbe à chameaux, nous retrouvons rapidement le chemin de sable et déposons nos ailes presque devant le camping-car.