hibiscus du camping El JadidaNous retrouvons le camping d’El Jadida où les hibiscus sont des mutants de plusieurs mètres. Le camping est très animé cette fois, car la fin du ramadan a marqué le début des vacances des familles marocaines. Une heure après notre arrivée, nous décidons d’aller nous baigner. Nous sommes le jour de L’Aïd, le ramadan prend fin et je me dis qu’il y aura plus de dames sur la plage et, peut-être, dans l’eau. On ne peut pas dire que la plage soit vraiment propre, mais, comparé à ce qu’on a vu à Asilah, c’est très bien. La plage n’est pas très large et il n’y a pas trop de monde. Quant aux dames, il y a les marocaines, habillées, même si elles se baignent (et elles ne sont pas nombreuses), et quelques rares européennes, en maillot deux pièces, qui se font griller. Il n’y a pratiquement pas d’Européens au Maroc au mois de juillet. J’ai opté pour le maillot une pièce pour me baigner et la djellaba pour rester sur la plage. Au moment où je me jette à l’eau, je suis la seule femme aquatique. Visiblement, personne ne semble outré ni prêter attention à ma présence dans l’eau mais j’évite néanmoins de me faire remarquer. Olivier me rejoint et nous profitons d’une bonne baignade dans les petites vagues. L’eau est loin d’être aussi claire qu’à la plage blanche, mais elle est bonne et ça fait du bien. De retour sur le sable, j’observe le paradoxe entre les petites filles marocaines qui jouent dans l’eau, en maillot deux pièces, comme tout enfant européen d’ailleurs, avec leurs frères et sœurs et leur père, tandis que leur mère reste au bord, habillée de la tête aux pieds, le bas de la djellaba mouillée pour les plus audacieuses. Comment une fille peut-elle passer de l’enfance à la vie d’adulte avec autant de différence ? Je pense que je n’ai tout simplement pas la culture qui me permette de le comprendre.

J’ai souvent hésité à me baigner, j’ai questionné des gens mais, bien qu’il m’aurait plu d’avoir l’avis des femmes, je n’ai eu l’occasion de ne parler qu’à des hommes qui m’ont toujours dit que le fait que je sois européenne, d’une autre culture et autre religion ne les dérangeaient pas et qu’ils n’étaient pas gênés par le fait que je me baigne en maillot. Je n’ai pas vu de regard sur la plage qui témoigne du contraire. Il y a une tolérance qui nous étonne chez les marocains. Je crois que ce qui nous étonne, c’est tout ce paradoxe entre leurs coutumes et l’ouverture d’esprit dont ils font preuve.