J’en suis à mon onzième jour de bivouac dont 8 à Las Palmeras. Difficile de décrire ce que je vis ici. Déjà, le temps n’a plus d’importance, sauf qu’on veut profiter de chaque instant intensément. Un étrange paradoxe. Ensuite, je suis ce que je suis, quand je veux, comme je veux. Les habits non plus n’ont plus d’importance, du simple bas de maillot à la gandoura, je me fous de savoir ce que mes voisins en pensent, parce que justement, ils n’en pensent rien, ils s’en fouttent autant que moi. Je parle à tout le monde, dans n’importe quelle langue, et je commence à faire de sérieux progrès en Espagnol, ce qui me satisfait vraiment. J’adore apprendre les langues. En une semaine j’ai fait de super rencontres, de beaux échanges avec des gens qui se prennent pas la tête avec des détails. Je pourrais vivre de cette façon pendant longtemps, sans artifices, sans jugement.

Quant au rythme, réveil 6h ou avant selon comment ça tombe, et jamais au delà. Et là, si on veut chopper le lever de soleil, il faut passer la butte, voire monter sur le plateau. Alors au saut du lit, c’est parti, smartphone en mode photo. Fly aime bien cette escapade à la fraîche. Après le shooting du soleil qui n’est jamais le même d’un matin à l’autre, on rentre pour le café, on attends la boulangère et vite vite, on met le paddle à l’eau en mode kayak avec Fly. Puis bain avec Fly, puis snorkeling dans les eaux claires, puis paddle toute seule ou avec Fly, puis bain, pause midi, sieste, et on recommence tout à l’envers pour finir par le coucher du soleil de l’autre côté. Après, c’est pas fini, il y a l’apéro et la soirée guitare. Il y a des soirs où je joue avec plein de monde qui tapent dans leurs mains et chantent avec moi, et d’autres soirs où je joue seule devant mon camping-car et entends des applaudissement en provenance des autres caravanes à chaque fin de morceau. Je chante souvent jusqu’à 23h, personne ne râle, toute le monde est dehors, et finalement, tout ça, c’est bien cool.

Et là, au onzième jour, je suis un peu fatiguée, on se demande bien pourquoi 🙂