Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux camping-cars sur le camp de Las Palmeras. Je comptais ne pas bouger jusqu’à mon départ définitif puisque j’en ai l’autonomie, mais, ne risquant pas de perdre mon emplacement, je me décide finalement à aller faire bouilla bouilla ! Ne cherchez pas sur le Wikipédia, le bouilla, c’est un mot que j’ai inventé. Et oui, j’ai déjà dit que j’étais fortiche en langues, tellement que j’arrive même à les enrichir. Le bouilla, c’est le vidage des eaux noires, comprenez tout ce qui arrive dans les toilettes. Il me faut donc me rendre à la station service Anibal située à 3km et, horreur malheur, remettre un pied dans la civilisation.

Avant de bouger le camping- car, il faut tout ranger, fermer tous les placard, faire attention à tout ce qui pourrait rouler, se promener, tomber. Etant bien installée depuis 10 jours, ça me prend une bonne demi-heure. Puisque je dois refaire le plein d’eau également, je me dis qu’une bonne douche et un shampoing sur mes cheveux qui commencent à ressembler à ceux de Bob Marley (mais moi je suis moins noire et je chante pas très bien le reggae), ça serait pas du luxe.

Et me voilà partie, et je remarque que j’ai oublié de décrocher une sangle du rétroviseur, je la vois voler au vent. Je m’arrête au premier rond-point, je l’enlève. je repars.

Je récupère la clé à bouilla à la station service contre 2 euros. C’est parti pour les eaux noires et je commence par le petit bouilla, à savoir le réservoir qui est situé sous les toilettes. C’est dégueulasse, mais faut bien vider tout ça. Je redoute la phase suivante : le gros bouilla ! Le gros bouilla est un réservoir d’une quarantaine de litres. Vous imaginez ? 40l de m…de ! Heureusement, je n’en ai rempli que la moitié. Ca pèse super lourd, j’ai l’impression d’avoir gagné en jouant au kilo de merde quand je sors ce réservoir du camping-car. Je ferme les yeux, j’ouvre pas la bouche, surtout pas, et je déverse mon gain dans le trou, ouf ! Je rince, le gros bouilla est à nouveau tout léger. Je rince le trou à bouilla pour le plus grand plaisir du camping-cariste qui me suivra. Vous noterez quand même que je vous ai épargné les photos du bouilla !

Je fais le plein d’eau, je remplis le bidon de 8 litres que j’avais vidé et je me dis que maintenant, la douche, ça va être open bar ! Je peux prendre une douche d’eau douce tous les soirs à présent car j’en aurai assez jusqu’à mon départ.

Je retourne en vitesse à Las Palmeras, ouf, le paradis existe toujours, je reprends ma place, mon paddle, la vraie vie !